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Octobre Rose - Témoignage d'une collègue et patiente du CHRSM

« Aujourd’hui, je regarde avec envie les robes d’été, les petits tops, la lingerie, … et comme vous m’avez permis de retrouver un peu d’amour et d’estime pour moi, je vais tenter de mettre cette nouvelle énergie à profit pour m’assumer davantage.
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Et vous, chères amazones, chères guerrières et chères sœurs de combat, soyez assurées que la vie a encore plus de saveur après …
»

Christelle, secrétaire de Direction au CHRSM est devenue une patiente. Octobre rose, qui soutient la lutte contre le cancer du sein, a beaucoup d’importance pour elle, particulièrement maintenant. Aujourd’hui, elle souhaite témoigner et mettre à l'honneur la chirurgie reconstructrice.

Le CHRSM soutient cette campagne annuelle, qui vise à sensibiliser le public à l'importance du dépistage du cancer du sein.

 

Témoignage d'une collègue et patiente du CHRSM

« Parce qu’il y a des acteurs dont on parle peu dans le parcours du cancer du sein, je voudrais, en ce mois d’octobre rose, mettre en lumière les chirurgiens plasticiens. A titre personnel, je pense que le titre de chirurgie plastique et esthétique n’est pas le plus adéquat dans la prise en charge spécifique du patient cancéreux.

Je les appelle donc les chirurgiens « reconstructeurs ou réparateurs ».

Quand on vous donne rendez-vous chez le chirurgien reconstructeur quelques jours après le diagnostic, on ne comprend pas trop mais, comme on est monté dans le train du traitement, on suit la voie et on s’adapte au planning fixé.

C’est un premier contact bienveillant qui ouvre un dialogue et offre une perspective certes lointaine de récupérer une apparence féminine. Moi qui avais des difficultés à dévoiler mon corps quand il était entier, je suis là sans malaise face à un chirurgien qui ne voit en mes amputations que des actes techniques à poser afin que je parvienne à me réapproprier ce corps meurtri.

On se voit régulièrement pour évaluer l’état de la peau soumise aux différentes thérapies, on se donne du temps pour fixer l’intervention. Il n’y a aucune pression, on s’écoute, on échange … Derrière son masque obligatoire, son regard se veut à chaque fois rassurant et encourageant.

Après avoir été suivie de près par l’équipe d’oncologie médicale pendant quelques mois et avant d’en arriver à l’étape de reconstruction, il y a une période où on se retrouve seule … Plus de chimiothérapie toutes les semaines, plus de radiothérapie tous les jours, … C’est un soulagement et un vide en même temps.

A ce moment-là, je me dis que finalement j’en resterais bien là. C’est mon parcours, c’est mon histoire, … pourquoi intervenir pour effacer cet accident de vie? J’ai envie d’avoir la paix et de retrouver une vie normale. Une vie normale… Si c’est comme l’été dernier, je ne pourrai par exemple pas porter de robe trop décolletée à cause du large soutien-gorge post-mammectomie. Toutes ces petites choses qui semblent anodines et acquises pour tout un chacun ne sont actuellement plus pour moi.

Parce que le trajet de soins est bien pensé, voilà qu’arrive le rendez-vous avec le chirurgien réparateur et, cette fois, ils sont deux car mon intervention nécessite quatre mains. En effet, ils vont non seulement reconstruire la zone amputée mais également réaliser une mammectomie prophylactique au niveau de l’autre sein suivie d’une reconstruction.

Celles qui ont vécu la reconstruction par lambeau grand dorsal musculo-cutané savent que les jours post-op sont très douloureux. On en arriverait à se dire « pourquoi ai-je fait cela ? ».

C’est là que le chirurgien réparateur, plutôt discret dans le parcours de soins jusqu’à l’acte opératoire, est présent en première ligne. Tout en faisant les pansements, il explique les gestes posés, les raisons, les contraintes physiques dues aux traitements antérieurs. Il discute aussi des suites à envisager car, tel un artiste, il y aura des retouches à faire en hôpital de jour pour que mon torse retrouve la meilleure harmonie possible.

Aujourd’hui, je regarde avec envie les robes d’été, les petits tops, les matières plus fines, la lingerie, … et comme vous m’avez permis de retrouver un peu d’amour et d’estime pour moi, je vais tenter de mettre cette nouvelle énergie à profit pour m’assumer davantage.

Dr Johnen, Dr Lejuste, soyez fiers du beau métier que vous exercez car, de vos mains expertes, vous réparez bien plus que des corps.

Et vous, chères amazones, chères guerrières et chères sœurs de combat, soyez assurées que la vie a encore plus de saveur après … »

 

Christelle, un tout grand merci pour ton témoignage.

 

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